L’ÉTAT DOIT ASSUMER SON RÔLE D’ACCÉLÉRATEUR ET NON DE CONCURRENT DE L’INDUSTRIE LOGICIELLE FRANÇAISE
- France GovTech

- 30 sept. 2025
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Tribune collective parue dans Acteurs Publics le 30 septembre 2025
La scène numérique française se caractérise par une rareté préoccupante de véritables éditeurs de logiciels nationaux. Un fait largement documenté : la France compte moins d’éditeurs de logiciels indépendants que ses voisins européens et, chaque année, une partie des plus dynamiques se fait absorber par des groupes étrangers ou par de grandes ESN (Entreprises de Services du Numérique) françaises. Cette faiblesse structurelle, bien connue des pouvoirs publics, menace la souveraineté numérique et la valeur ajoutée technologique nationale, alors même que la commande publique devrait jouer un rôle moteur dans le soutien à l’écosystème local.
Un diagnostic implacable : le manque d’éditeurs et leur fragilité
Déjà, la mission Bothorel de 2020 soulignait « l’absence de champions français de taille internationale dans le logiciel » à l’exception du leader Dassault Systèmes et l’inadaptation des politiques publiques à leur croissance. Les éditeurs français souffrent d’un accès difficile aux grands marchés publics, se retrouvent souvent relégués en position de sous-traitance, ou sont sous pression pour être rachetés comme l'illustre le rachat récent de Ciril group qui pose question à l’Etat français…
Une commande publique biaisée et peu stratégique
Plutôt que d’encourager l’innovation nationale, l’État recourt trop souvent à des grands intégrateurs pour le développement de solutions spécifiques. Les procédures de l’UGAP, de la DINUM et de l’ANCT assument privilégier le développement interne ou le recours aux « start-up d’État », censées répondre à des besoins spécifiques de l’administration en dehors de la logique produit et d’échelle qui caractérise et a fait le succès international du modèle de l’éditeur. Ainsi, le programme Beta.gouv promeut le prototypage rapide, mais ne favorise ni la pérennité, ni le développement industriel – la majorité des dites startups d’État ne survivent pas ou ne passent jamais à la phase d’industrialisation.
Les marchés publics s’orientent trop souvent vers des marchés de service au forfait, sur lesquels seuls les grands groupes de service disposent des capacités financières et humaines pour candidater, excluant de fait la plupart des éditeurs spécialisés. Le recours aux solutions « maison » entraîne par ailleurs des surcoûts et des retards notoires : on peut citer les échecs épinglés par la Cour des comptes.
La souveraineté numérique mal comprise …
Au motif d’assurer sa souveraineté numérique et de gagner en autonomie vis-à -vis des grands fournisseurs de technologie internationaux, l’Etat fait le choix du développement interne ou de recours au développement sur mesure par de grandes sociétés de services. Mais la souveraineté repose (....)
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Les membres fondateurs de France GovTech



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